La rue de Mailly Une surprise nous attendait : en effectuant une "recherche de routine"  sur Internet, nous avons appris qu'un comte de Mailly avait été proche de Louis XV, et appartenait à une dynastie dont les blason comporte ... trois maillets ! Cet Augustin Joseph de  Mailly, qui a participé a bien des batailles lors des guerres de Louis XV, reçoit de Louis XVI, en 1790, le commandement d'une des quatre armées décrétées par l'Assemblée nationale (14e et 15e divisions militaires).

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C'est une tâche difficile et il donne sa démission le 22 juin, lorsqu'il apprend la fuite du roi ; et lors de la journée du 10 août 1792, malgré son grand âge, il vient se placer aux côtés du monarque menacé. Rescapé du carnage qui suit la prise du palais des Tuileries et aux massacres de Septembre, il est arrêté dans son château, puis guillotiné en 1794 à Arras, à l'âge de 87 ans!  Il s’écrie sur l'échafaud : Je meurs fidèle à mon roi, comme l’ont toujours été mes ancêtres.

Que dire du fait que l'hôtellerie des trois maillets fût à deux pas de la rue de Mailly? D'autant que, selon les notes d'Henri Lemoine, le fief où est sis l'hôtel porte le nom des "trois maillets" !  ... Que devient l'explication selon laquelle les trois maillets auraient été ceux des tailleurs de pierre de Villa petrosa ? Le débat est ouvert ...

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La ruelle Saint Nicolas . Le retour de la rue de Mailly sur la rue Brocard se nommait "rue Saint Nicolas". Rien d'étonnant : c'est le nom que les moines de Marmoutier donnèrent à leur prieuré des Bordes. Que viennent faire les Bordes, faubourg hors Villepreux, dans le nom de baptême des rues du village? Tout simplement le fait que l'évêque de Paris donna un jour aux moines l'autorité de désignation du curé de la paroisse du village. Ainsi, la rue Alexandre était la rue Saint Martin (patron de Marmoutiers) . Quant à l'auberge située rue Brocard, tout près de la ruelle Saint Nicolas, s'appelait " A l'image Saint Nicolas"... Elle est devenue l'auiberge Saint Vincent

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La ruelle de la corderie. La ruelle la plus au nord de Villepreux, et la plus discrète s'il en est . Sur les deux rives du Rû, il y eut autrefois des tanneries : des vestiges ont été retrouvés. Puis on y installa des routoirs (fosses à lin)) où laisser rouire le chanvre que l'on récoltait dans les chennevières (champs de "terre à faire filasse").

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La ruelle du rotoüet. C'est actuellement la partie est de la rue Le Nôtre, située dans le prolongement de la rue de la corderie. Son nom comporte "Roto" ou "Rota"qui signifie "roue" en latin . Il est évident que le "rouet" n'est pas loin ! Peut être y avait-il dans cette ruelle quelqu'un qui "filait" le lin après son rouissage (macération)  et son teillage (affinage) ? Amédée Brocard écrit "Rothouët"...

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Seulement, encore un doute : Monsieur Henri Lemoine désigne cette ruelle souys le nom de "Rolouët" ; toujours selon cet historien, le mot viendrait de "rolleis", qui désignait les palissades : et cette ruelle aurait été le chemin de ronde nord de Villepreux... Il faudrait retrouver trace de la manière dont ce nom de rue fut écrit... s'il en existe

Le Rû du moulin Au milieu de ces deux ruelles, existe encore la carcasse de l'usine électrique, édifiée à l'endroit où se trouvaient auparavant le lavoir et l'abreuvoir. C'est le ruisseau de vidange du canal du château seigneurial qui descendait depuis le haut de la rue des orfèvres, alimentait au passage le moulin à grains ( "Moulin de la ville") , puis se faufilait entre la rue des Boulanger et celle des Trois Pigeons (disparue) , traversait la Grand Rue dans un égout "sous le pavé", longeait cette voie jusqu'à l'auberge des Trois Maillets ; à partir de cet endroit, elle se glissait de jardin en jardin jusqu'au parking actuel (devant l'ancienne usine électrique), se répandait dans le lavoir et l'abreuvoir, pour terminer dans le Rû de Gally.

Mais auparavant, l'abreuvoir avait été construit à la place d'un premier moulin - il appartenait aux Francini - que l'on jugeait responsable des inondations qui ravageaient régulièrement la Faisanderie (aujourd'hui la ferme "Pasteur").. Agacé par les plaintes répétées, Louis XVI acheta le moulin en 1763, le fit raser... et les inondations reprirent ! On installa dès 1766 l'abreuvoir à l'emplacement libèré. Et un nouveau moulin fut reconstruit en 1789 par François Maingot, mais cette fois près du pont de l'ancienne Porte de Paris: il existait encore en 1931.

L'usile électrique C'est le 26 mars 1909 que Marcel Vidy, notaire et Maire de Villepreux, fit

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voter la mise en place d'un barrage au lieu-dit lavoir, et d'une chute d'eau qui actionnerait une turbine hydro-élecftrique. Le système fut réceptionné le 16 avril 1910 ; et le 16 juillet de la même année, on accepta le principe d'en faire bénéficier tous les habitants de Villepreux. Puis on passa au charbon. Or au lendemain du conflit 14-18, l'électricité fut distribuée par un réseau versaillais : l'usine sombra dans l'oubli.

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Cependant, l'eau continua de s'écouler à travers la ville. On enterra certaines canalisations quand elles devaient traverser les routes ; mais elle continua d'inonder les jardins en périodes pluvieuses. Au cours des années 60, les eaux de ruisselement d'Arcy furent canalisées, et l'alimentation du grand canal du château diminua de volume. Le Rû du moulin ainsi minimisé fut finalement enterré.

Le ruelle de la planche. Nous avons rencontré cette ruelle, en sortant de Grand'Maisons : elle donnait accès à l'ancien "chemin de Saint Germain". Son nom, rappelons-le désigne la "planche" que l'on jetait en travers du Rû pour le franchir. Elle n'existe plus : son emplacement est englobé dans le parc de "Grand'Maisons".

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La ruelle des Bourgeaulx. Elle a également disparu , puisque désormais le parc de Grand'Maisons s'aligne sur le Rû. C'est le Général Bertin de Veaux qui fit l'acquisition de cette colline, détruisant en même temps les maisonnettes "avec jardin" qui longeaient la rive droite du Gally.

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La rue Le Nôtre. Il est évident qu'elle n'eut pas toujours ce nom ! Nous avons vu ci-avant que sa partie orientale se nommait rue du rotouët (ou rothouët, ou rolouët...) . Il semblerait que son tronçon transversal se soit nommé rue de l'abreuvoir. Par contre, nulle information concernant l'actuelle impasse Elle fut baptisée de son nom actuel  après le 6 avril 1882, date à laquelle l'école d'horticulture des Puipilles de la Nation ouvrit officiellement ses  portes en se recommandant de l'illustre jardinier de Versailles.

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