La ferme cistercienne d'Ithe - Pontchartrain

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Il s'agit d'une ancienne grange cistercienne (bénédictine) qui accueillait des religieux cultivant les terres et ofrant le gîte et couvert aux voyageurs. Abandonnée depuis les années soixante, elle est aujourd'hui en cours de restauration, cat elle s'élève sur l'emplacement de la plus grande cité gallo-romaine recensée en Ile" de France :Duodurum.

L'ordre cistercien est une restauration de l'ordre bénédiction (de mouvance grégorienne), fondée à Citeaux par Robert de Miolesme en 1098. Il promeut l'ascétisme, la rigueur liturgique et l'attachement au travail comme valeur cardinale. Le courant cistercien sera celui des bénédictins de France, et contribuera pour une large part au travail de défrichement et de mise en valeur des terres dont bénéficie aujourd'hui l'Europe.

La mise en exergue de la ville antique remonte aux années soixante dix, à l'a&ide de photographies aériennes prises par un particulier dessinant de vastes zones de démarcation de bâtiment. Se situant sur le tracé-même de la déviation, elle a fait l'objet de fouilles poussées avant d'être en partie recouverte par la nationale 12. On peut voir les restes de la ferme d'Ithe - riche en histoire - sur le côté gauche de la route de Bazoches.

Fort endommagée, sa restauration n'en est pas moins prometteuse de la mise en valeur de ce patrimoine francilien d'exception.

Souvenirs d'une inoubliable découverte :

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De retour de la visite, un samedi inondé de soleil...

Il fallait bien qu'on aille un jour vérifier par nous-mêmes les suppositions de l'Histoire ! Des auteurs incertains avaient en effet laissé se répandre le bruit selon lequel Villepreux aurait été jadis le lieu de villégiature d'un romain nommé Antonin.

De son itinéraire - comme Marco Polo - Antonin avait laissé des notes sur ses pérégrinations : il situe précisément une de ses haltes « à quinze mille pas » de Lutèce, et il la nomme Diodurum (cité des dieux). Seule la distance aurait pu valider cette information : certes de nombreux chemins et routes romaines traversaient  dans les proches environs  Villepreux la forêt « ioline » et la « Cruye » (chemins aux boeufs, chemins aux cochons, routes saunières, …

Mais il est plus sérieux de localiser Diodurum à Jouars, lieu historique de passage des routes vers la Bretagne (Chartres) , vers la Normandie (Dreux) : un carrefour propice au repos des  convoyeurs. Le nom de « Pontchartrain » viendrait ultérieurement valider cette thèse.

La Mauldre, qui serpente aujourd'hui péniblement sur les lieux, marquait en quelque sorte la frontière entre les Parisiis (futurs Parisiens) et les Carnutes (Chartrains), deux peuplades concurentes dont les rivalités ont ensanglanté et piétiné pendant plusieurs siècles les territoires de Chartres à Maule.


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Cette cité fut enfin découverte (on la supposait à cet endroit) en 1993, quand le tracé de la dérivation vers Dreux la mit à jour : rues empierrées et trottoirs, maisons et greniers, entrepôts et magasins, temples et théâtres... sur quarante hectares (le quartier de la Hébergerie à Villepreux couvre moins de vingt hectares). La découverte interrompit les travaux de la A12 ; il fallut se hâter d'ausculter, décaper, creuser, extraire, classer, dater, analyser, extrapoler ... puis un jour reboucher, et laisser les caprices des hommes reprendre leur cours. Mais maintenant, on sait: sous les vestiges romains, il y avait ceux des Gaulois... et peut-être ceux des Celtes.

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Et il nous reste cette ferme cistercienne : avant de revenir aux moines, elle avait déjà  un passé. Grenier éloigné de l'abbaye-mère des Vaux de Cernay (proche de Rambouillet), elle contribua aux défrichements locaux, à l'enrichissement des sols et à la survie des convers (moines manuels) et ouvriers agricoles du cru.

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Ses importants bâtiments  n'ont pas échappé aux ravages des ventes révolutionnaires, aux pillages des chercheurs de pierre à construire, à la sottise des gens de cinéma amateurs d'effondrements,  d'incendies et de mitrailles...


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L'équipe dirigée par Olivier Blin, conservateur du lieu, nous a offert de retrouver et de comprendre l'évolution des bâtiments, le feuilleté des niveaux de sol successifs, le déplacement de l'implantation des âtres, des pavages, des points d'eau. Nous avons vu les granges – même si certaines, éventrées, ne retrouveront jamais leur état initial – les lieux de prière (église, puis modeste chapelle), l'étang qui servait de réserve à poissons...

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Je ne peux ni ne veux en dire davantage : pour vous enrichir de ce qui nous a passionné, il faut vous rendre à votre tour sur les lieux, si possible un week-end de beau temps : des bénévoles sont là dès que l'état du ciel le permet, et travaillent à amanager ce site qu'ils avaient dû dégager dès 1993 des végétations qui l'avaient envahi et qui le menacent constamment.

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En juillet et août, des étudiants du monde entier se joignent aux permanents, et contribuent à une restauration de ce témoin de notre histoire : cette année, ces jeunes gens et jeunes filles permettent à la chapelle de récupérer une couverture décente

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Une équipe s'est échappée le samedi 25 juillet; ils sont venus découvrir notre Villepreux historique. Un vrai moment de plaisir et de bonne humeur.

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